De l'enregistrement L'élixir de l'esprit (New Poetry Pops 26)
Paroles
Panétios au jeune homme a dit :
« Laisse le sage à ses hauteurs sereines —
Toi et moi, simples mortels imparfaits,
Ne plongeons pas dans ces eaux incertaines. »
Car l'amour trouble, agite, et nous enchaîne,
Il nous soumet au vouloir d'un autre cœur,
Nous rend petits aux yeux de notre âme,
Et fait de la raison une pâle rumeur.
Sagesse et amour ne marchent pas ensemble,
Agésilas le savait, et il avait raison —
L'un apaise, l'autre fait qu'on tremble,
L'un éclaire, l'autre brûle à l'horizon.
Pourtant, si l'on sait tenir la flamme,
La doser, la garder sans se brûler,
Elle réveille le corps et rend à l'âme
Un souffle vif, un désir d'aller.
Moi qui vieillis, moi de tempérament lourd,
Je choisirais ce remède doux et vif
Plutôt que l'ennui des jours trop courts —
L'amour mesuré, pour rester en vie.
(d'après Michel de Montaigne)
