De l'enregistrement François Rabelais

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Paroles

Gargantua
Ce petit paillard
pelotait toujours ses gouvernantes,
sens dessus dessous, sens devant derrière, hardi bourricot !

Et il commençait déjà à essayer sa braguette,
que ses gouvernantes ornaient chaque jour
de beaux bouquets, de beaux rubans, de belles fleurs, de beaux pompons;
elles passaient leur temps à la faire revenir entre leurs doigts
comme un bâtonnet d'emplâtre,
et puis elles s'esclaffaient quand elle dressait les oreilles,
comme si le jeu leur avait plu.

L'une l'appelait mon petit fausset, une autre mon épine,
une autre ma branche de corail, une autre mon bondon,
mon bouchon, mon vilebrequin, mon piston, ma tarière,
ma pendeloque, mon rude ébat raide et bas, mon dressoir,
ma petite andouille vermeille, ma petite couille bredouille.

« Elle est à moi, disait l'une.
- C'est la mienne, disait une autre.
- Et moi, je n'y aurai pas droit ? disait une autre. Ma foi, je vais donc la couper !
- Ah ! la couper ! disait une autre, vous lui feriez mal, madame ; coupez-vous la chose aux enfants ? On l'appellerait monsieur tout court ! »
Et pour qu'il s'amuse comme les petits enfants du pays,
elles lui firent un beau tourniquet
avec les ailes d'un moulin à vent de Mirebeau.

(François Rabelais)